
Petit éloge des brumes
par
YOUME
Février 2026- Mars 2026
Vernissage le jeudi 26 février en présence de l'artiste. Performance calligraphique
Nous sommes en réalité de la même pâte malléable que les nuages et les brumes.
Corinne Atlan

La brume n’est pas un voile qui cache : elle est une pédagogie du regard. Elle demande de renoncer à la netteté immédiate pour accueillir une présence plus lente, plus vraie. Dans Petit éloge des brumes, YouMe fait de cette matière impalpable un principe d’écriture : non pas représenter, mais laisser apparaître. Le signe n’affirme pas, il suggère ; il n’enferme pas le sens, il l’aère.
L’exposition naît comme un hommage au livre de Corinne Atlan, qui a généreusement autorisé que son titre devienne celui de cette traversée. À la manière d’une brume qui se retire sans fracas, les œuvres proposent une expérience de dévoilement progressif : elles laissent entrevoir ce qui, d’ordinaire, demeure derrière les mots. Ici, la calligraphie devient un seuil, l’endroit où l’invisible ne se prouve pas, mais se pressent.
Chez YouMe, le geste se tient au plus près du silence. Une tension très fine s’y déploie : entre l’élan et la retenue, entre la densité de l’encre et la respiration du papier. Cette esthétique de l’intervalle fait de chaque pièce une invitation à habiter l’incertain avec douceur, comme si la beauté, plutôt que de se donner, consentait à être approchée.
Biographie
Originaire de la préfecture de Kumamoto, YouMe est une calligraphe japonaise dont la pratique relie calligraphie traditionnelle et approche contemporaine, pensée comme une forme d’art à part entière. Après avoir traversé de nombreuses épreuves, elle a redonné à la calligraphie, qu’elle pratique depuis l’enfance, une place essentielle, la reconnaissant comme son ikigai, sa raison d’être. Ses œuvres portent un désir constant : inviter chacun à se reconnecter à son moi authentique, et à retrouver ce qui, dans l’existence, a véritablement de la valeur.
Depuis la reprise de sa carrière artistique en 2021, son parcours s’est affirmé avec une dynamique remarquable, notamment par sa sélection pour exposer au Salon d’Automne ainsi qu’à Le Salon. Son univers, traversé de douleur et d’espoir, touche avec délicatesse et cherche moins à convaincre qu’à éveiller.
Certaines œuvres s’inspirent du travail scientifique de son époux et proposent une lecture singulière d’un même phénomène, observé à la fois par une artiste et par un chercheur. La rencontre d’éléments en apparence opposés — et leur possible réconciliation — constitue l’un des motifs récurrents de sa création.
